CHLEM : à propos d'histoire

Histoire locale de Leval-Trahegnies, Epinois et Mont-Sainte-Aldegonde
 
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 Quel avenir pour quelle Belgique ???

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Patrice
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MessageSujet: Ben oui   Lun 26 Nov - 1:38

Cela prouve qu'il y a au moins deux ans que je commence à avoir raison.
En fait, cela fait beaucoup plus que ça. Tout cela aurait pu être évité si chacun et chacune s'étaient posés des questions sur l'histoire de Belgique. Entendons-nous. La Belgique existe depuis 1830, pas avant. Aucun autre pays au monde, aucun, ne fait démarrer son histoire politique avant son existence. Sauf, pour la Pologne, par exemple, si, à un moment ou à un autre de son histoire, elle fut indépendante. La Belgique, en tant qu'Etat indépendant existe depuis le 5 novembre 1830. Point. 1er mensonge. Pourquoi, Pour donner artificiellement un sentiment national qui n'existait pas. Et pour cause. En fait d'histoire, on nous a servi, et on nous sert encore de la propagande, comme Goebbels.
Un autre exemple. L'armée néerlandaise a, au moment des journées de septembre 1830, des hommes casernés à Bruxelles. C'est pas de la petite bière, l'armée batave. Et c'est quelques "romantiques", armés de bric et de broc, quelques bourgeois exaltés par un opéra qui mettent cette armée en déroute ! Cela fait 177 ans que l'on nous enseigne cette connerie. Et personne ne s'est jamais demandé comment, ces "gueux" avaient fait pour réaliser un exploit pareil ?
La réalité est tout autre. Tout d'abord, à Bruxelles n'étaient casernés que quelques soldats en fin de carrière. Surtout pas d'ennuis, surtout pas d'histoires. On quand même pas se faire trouer la peau à la porte de la quille. Au moindre trouble, ils ont fui ! Ce sont les bourgeois qui les ont fait fuir ? Ils auraient eu du mal: ils étaient à Valenciennes ! Eh oui, c'est le peuple de Bruxelles, aidé de quelques Liègeois, qui a fait fuir les quelques malheureux Hollandais qui ont d'ailleurs regagné la Hollande ou Anvers sans le moindre mal. Le peuple flamand s'en foutait. Les Wallons aussi d'ailleurs. Pour vous donner un exemple: il est parti de Binche... 4 volontaires dont 1 Français. L'enthousiasme délirant quoi.
La Bourgeoisie ? A Valenciennes où elle avait mis à l'abri sa famille et ses biens. Elle est revenue quand elle a cru la Révolution triomphante pour la confisquer au peuple. On avait raté notre 1789 ! Les Français aussi d'ailleurs.
Vous trouvez normal, vous, que ce soient les pays voisins qui déclarent votre indépendance et vous impose la neutralité perpétuelle ? Vous en connaissez beaucoup dans l'Histoire où au moment où le sort d'un pays se décide, aucun représentant du pays concerné n'est même convié ?
Pas de question non plus sur ce fait étrange pendant 177 ans !
Et les Hollandais, ils restent sans réagir ? Pensez-vous ! Toutes négociations ayant échoué, car les griefs existaient quand même, ça c'est vrai, ils contre attaquent. L'armée belge inexistante est bousculée, aplatie, démantibulée. Il faudra attendre les dernières campagnes des "diables rouges" pour voir une pareille débâcle.
C'est l'armée française qui se porte à notre secours et arrête les Hollandais à Halle, aux portes de Bruxelles. Il était plus que temps. Ce fait, dans les manuels d'histoire, on le passe généralement sous silence.
Pourquoi les Français ? Parce que tous les autres s'en foutent de la Belgique: l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse, la Russie. Tout le monde. L'erreur, c'est Louis-Philippe qui la commise: en désignant Talleyrand comme négociateur à la conférence de Londres. Il n'était plus dans le coup, le pauvre vieux. Il en était resté au temps de Napoléon Ier. Il n'avait pas compris que les autres puissances, avec un roi comme Louis-Philippe sur le trône de France, elles n'avaient plus rien à craindre d'un impérialisme qui n'était plus de saison. Pour peu qu'il ait insisté, la Belgique aurait été rattachée à la France. Mais c'était compter sans l'Eglise, cette puissance occulte qui n'avait pardonné aux révolutionnaires les avanies qu'ils lui avaient fait subir. Et c'est elle qui a fait pencher la balance vers une indépendance qui n'était pas préparée: pas d'armée, on l'a vu, pas de monnaie, pas de constitution, pas même le fait de savoir si on allait opter pour la monarchie ou la république. Rien de chez rien, haut de gamme. Et quand on finit par choisir la monarchie... on ne trouve pas de roi ! C'est encore la perfide Albion, par l'entremise de la très autoritaire reine Victoria, qui va obliger son neveu, Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, d'accepter le trône de Belgique. Lui, il aurait préféré la Grèce. On peut le comprendre.
Et tout est à l'avenant: l'hagiographie monarchique, le silence sur les conflits sociaux, le silence sur la naissance et le développement de la Question flamande, les images d'Epinal sur la 1ère Guerre mondiale, ...
Demandez un peu aux Anglais ce qu'ils pensent des inondations de la plaine de l'Yser. Si vous vous attendez à des éloges, vous allez être déçu. Pour tous les spécialistes militaires, c'est une abominable connerie qui a coûté à l'Angleterre et aux Alliés des massacres inutiles. Et tout cela pourquoi ? Pour conserver un morceau de sol national: De Panne !
La preuve ? en 1940, plus personne n'a touché aux écluses !
Si, les "historiens" belges, pour qui, il est vrai, j'ai très peu d'estime, non parce qu'ils sont incompétents mais parce ce qu'ils sont aux ordres du pouvoir politique, avaient dit la vérité, nous n'en serions pas là. La vérité des deux côtés de la frontière linguistique. Parce que de l'autre côté, c'est pareil. La Bataille des Eperons d'or, le 11 juillet 1300 et quelque chose, tout le monde connaît. Mais la contre offensive française quelques mois plus tard où les milices flamandes furent anéanties, personne n'en parle.
Je pourrais continuer toute la nuit. J'arrête. Un dernier mot quand même. Si les Flamands, les intellectuels j'entends, étaient honnêtes, ils diraient au peuple flamand POURQUOI, aujourd'hui, ils sont développés. Les vraies causes, hein, pas les légendes et POURQUOI la Wallonie est à la traîne.
Oui, nous sommes entrés dans un dialogue de sourds parce que tout le monde a menti aux peuples flamand et wallon. Sciemment. Et aujourd'hui, il est trop honteux de l'avouer. Il est trop tard. Tôt ou tard, la légende triomphera et la Flandre deviendra indépendante parce qu'elle le veut ou parce que la Wallonie n'aura d'autres choix financiers que de demander l'aide de la France.
Mais combien de temps cela durera-t-il ? Un jour la vérité éclatera. Et les Flamands, bernés, s'en prendront aux politiques. Ce jour-là, il n'y a pas que la vérité qui risque d'éclater !
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour quelle Belgique ???   Lun 26 Nov - 14:44

Mais oui Pat, comme on dit :

" L' bac se r'tourne toudî sû l'pourcha "
!

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Patrice
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MessageSujet: Qui a dit que je n'avais pas d'ordre ?   Lun 26 Nov - 16:23

Il m'a fallu moins d'une demi-journée pour retrouver l'analyse de Joseph Henrotte , ancien responsable du service d'étude de la CCMB (Centrale chrétienne des métallurgistes de Belgique) et ancien secrétaire politique du Rassemblement wallon, fédération de Liège.
Une analyse très pertinente que l'on a longtemps cachée. Elle fut publiée, quand même, en "Carte blanche" du Soir du 3 & 4/12/2007 en bas de la page 16 !
Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, j'affirme n'avoir jamais été membre ni sympathisant du Rassemblement Wallon, je ne suis ni séparatiste ni indépendantiste. Je suis pour une Wallonie où il fait bon vivre et accueillante. Pour une Wallonie qui respecte et rémunère dignement ses travailleurs, protège efficacement les plus faibles, dispense un enseignement de qualité et gratuit et écologiquement efficace. Entre autres. Dans le cadre de la Belgique ou par la réunion à la France, là ou notre sort et celui des générations à venir sera le mieux assuré.
Passons maintenant aux faits et aux chiffres comme disait un certain Vladimir Ilitch Oulianov.
(...) Chacun sait , qu'au début du 20ème siècle, la Belgique était la 3ème puissance industrielle du monde, non pas par habitant mais en chiffre absolus. Cette industrie était essentiellement wallonne. Le premier effet de l'Etat belge, très centralisé, a été de déplacer vers Bruxelles les grandes fortunes qui s'étaient constituées dans des villes comme Liège, Verviers ou Charleroi ainsi que les familles qui les possédaient. Pendant la même période, les grands travaux d'équipement (ports, chemins de fer, aéroport, routes ou canaux) ont systématiquement été orientés vers le nord du pays.
Cette préférence régionale s'est poursuivie tout au long du 20ème s., accentuée par la domination politique croissante des Flamands majoritaires en nombre et de plus en plus revendicatifs. Elle était soutenue par le patronat qui trouvait en Flandre une main d'œuvre moins chère er plus docile.
Je ne retiendrai que trois dossiers.

- Jusqu'en 1985 la Belgique a été condamnée à de multiples reprises par le Marché Commun pour sa politique d'aide aux investissements. Elle n'en a jamais tenu compte. Alors que le Marché commun exigeait que ces aides soient limitées aux zones de fort chômage à reconvertir (le sillon Sambre et Meuse ou le Westhoek), la législation belge prévoyait imperturbablement des "aides générales et sectorielles" sans limites géographiques et avec des budgets considérables. Ces aides ont essentiellement financé l'industrialisation de la Flandre.
Durant la période d'après-guerre et les débuts du Marché Commun, une vague énorme d'investissement américains en Belgique a été systématiquement orientée vers le région flamande par un ministère des Affaires économiques unitaire entièrement à ses ordres.

- Toutes les entreprises wallonnes ou bruxelloises de quelques importance dépendant peu ou prou de marchés publics ou de décisions politiques n'ont eu de cesse de créer une usine en Flandre, pour montrer patte blanche. Or, ce n'était pas des implantations symboliques comme celle de la Bell Téléphone à Wasme, mais des usines comme Barco (créée par les ACEC), Sidmar, Alleghany-Longdoz. La Vieille montagne (qui s'est entièrement transportée en Flandre), UCB, Solvay... On a même vu des institutions comme la Société Générale licencier des milliers de cadres francophones uniquement pour les remplacer par des Flamands.

- Pendant toute la crise de la sidérurgie européenne durant les années 1970, l'Europe n'a autorisé les "aides au fonctionnement" attribuées aux entreprises du secteur qu'à condition explicite de les accompagner de réductions de leurs capacités de production.
Logiquement, ces aides auraient dû être réservées aux entreprises en difficulté. Pourtant, en Belgique, toutes les entreprises en ont bénéficié, même celles qui restaient saines, et en particulier la sidérurgie flamande créée de toutes pièces par les firmes wallonnes et beaucoup plus modernes.
Par contre les réductions de capacité ont exclusivement été imposées aux entreprises wallonnes qui ont perdu en quelques années des dizaines de milliers d'emplois. Les 200 à 300 milliards que cette politique a coûté au contribuable ont certes servi à payer des salaires mais surtout à aider les actionnaires à retirer leurs billes.
(...) L'Etat belge avait (...) en effet une fâcheuse tendance à saboter les dossiers wallons. Les exemples de l'autoroute de Wallonie qu'il a fallu 30 ans pour achever, et de l'aéroport de Bierset (avant la régionalisation) sont éloquents à cet égard.
(...)
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MessageSujet: L'avenir de la Belgique   Mar 27 Nov - 16:00

vous trouverez ci-dessous ( en néerlandais) la vision de la journaliste flamande du Standaart, Mia Doornaert, sur les difficultés politiques actuelles. C'est une modérée, spécialiste de la France et de la francophonie belge et son point vue est sans doute partagé par la majorité des Flamands.
L'analyse qui est faite par Mia Doornaert est très valable; il y a des vérités dans son texte sur lesquelles beaucoup de Wallons seront d'acord.




SPUUGZAT/ RAS-LE-BOL[ - Mia Doornaert


Ik ben een overtuigd Belgische federalist. Ik houd van Brussel, waar ik al lang woon, ik houd van zijn meertaligheid en veelkleurigheid - en ja, je wordt er veel vaker in het Nederlands begrepen en bediend dan veel Vlamingen denken. Ik houd van zijn internationale sfeer, zijn discrete charmes, zijn rijk cultureel aanbod.
Op een dergelijke captatio benevolentiae volgt meestal een enorme 'maar', en hier komt die dan ook. Als ooit iemand mij tegen mijn zin zal doen denken dat dit koninkrijk geen onbeperkte houdbaarheid heeft, dan zal het Elio Di Rupo (PS) zijn. Ik ben compleet afgeknapt op meneer Di Rupo's verklaring dat met de PS bij de formatiepartijen nooit zo'n probleem zou gerezen zijn, en dat 'in 150 dagen is afgebroken wat wij in twintig jaar hebben opgebouwd'.

Wat hebt u opgebouwd, meneer Di Rupo? Zeker geen staatszin en civisme. De PS is geen steunpijler van België, ze gedraagt zich als een staat in staat. Het is een publiek geheim dat een aantal hoge ambtenaren en diplomaten eerst hun partij dienen, en dan pas de staat.

Tal van, niet alleen Nederlandstalige, ministers en hun medewerkers, meneer Di Rupo, hebben zich ook mateloos geërgerd aan de wijze waarop de PS belangrijke beslissingen in de regering ophield omdat ze er benoemingen van partijvrienden aan koppelde.

Het getuigt evenmin van respect voor België wanneer men op wat in Frankrijk des ministères régaliens heet, zoals Defensie, kneusjes en dorpspolitici benoemt. De wijze waarop André Flahaut met de strijdkrachten en zijn budget is omgesprongen, de wijze waarop hij een parallelle diplomatie voerde en België in last bracht met buurlanden en vrienden, getuigen niet van bijster veel respect voor de staat. Maar het is nu eenmaal een onhebbelijkheid van de PS om het buitenlands beleid in termen van dorpspolitiek te bekijken. In een land waar de economie in zo'n grote mate van de export, en dus ook van het aanzien van België afhangt, is dat bepaald onverantwoord.

En van opbouwen gesproken, wat heeft uw partij opgebouwd in Wallonië, waar ze sinds mensenheugenis aan de macht is? De werkloosheid flirt er nog altijd met de twintig procent, driemaal meer dan in Vlaanderen. Waartoe dient in godsnaam het geld van de transfers en Europese subsidies?

En wat ik spuugzat ben - ras-le-bol - zijn de voortdurende Franstalige beschuldigingen, die overigens niet beperkt blijven tot de PS, over het zogenaamde imperialisme van de Vlamingen. Bij mijn weten zijn het niet de Vlamingen die de taalgrens voortdurend negeren en aanvechten.

Ik ben het spuugzat dat vele Franstaligen zich wetens en willens in Vlaanderen blijven vestigen,maar dan niet het elementaire respect voor afspraken en hun omgeving opbrengen door Nederlands te leren. Neem bijvoorbeeld Dilbeek, waar steeds meer Franstaligen zich vestigen. Het stoort me telkens weer hoe ze, als in veroverd terrein, winkels binnenkomen en in het Frans beginnen, zonder zelfs de elementaire beleefdheid om ten minste te vragen 'spreekt u Frans'? En voor we het weten, is er een beduidende Franstalige 'minderheid' die faciliteiten en later aansluiting bij Brussel gaat eisen. En die dan de Vlamingen voor imperialisten of fascisten zal uitmaken als zij respect voor de taalgrens vragen.

Ik ben het ook spuugzat Franstalige politici, onder wie leden van uw partij, te horen zeggen dat 'de Vlamingen in Brussel veel meer rechten hebben dan de Franstaligen in de rand'. Beseft u wel wat ze daarmee zeggen? België bestaat uit twee constituerende gemeenschappen en als ze niet beide thuis kunnen zijn in hun hoofdstad, legt men een bom onder het land. Ik ben overigens de eerste om te betreuren dat niet meer Vlamingen in hun hoofdstad komen wonen.

Ik erken daarnaast ook dat de beschaafde, intelligente, perfect tweetalige Armand De Decker, de beste minister van Defensie die dit land nooit gehad heeft, misschien niet diplomatiek was, maar gelijk had toen hij op het probleem van CD&V en N-VA wees. CD&V schept een onaanvaardbare dubbelzinnigheid door haar kartel met een partij die wil dat België barst, en door bovendien toe te laten dat de kleine N-VA-staart de CD&V-hond kwispelt.

Maar ook uw partij, meneer Di Rupo, is meer een deel van het probleem dan van de oplossing. En dat zal ze blijven zolang ze niet meer staatszin opbrengt, en de hand niet uitsteekt naar de 88 procent Vlamingen die niet willen dat België barst, maar wel respect voor hun taal en taalgebied eisen.

Mia Doornaert is redactrice van deze krant

Doorgeprikt staat netjes verschijnt tweewekelijks op vrijdag

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Patrice
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MessageSujet: Cela ne m'avance guère !   Mar 27 Nov - 16:16

Je ne comprends pas le néerlandais.
Et aucun traducteur en ligne ne permet de traduire le néerlandais en quelque langue que ce soit.
A moins que si vous en connaissez un...
Faites le moi savoir.
Du néerlandais vers l'anglais, je prends.
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour quelle Belgique ???   Ven 30 Nov - 15:32

Voir le traducteur « translate.google.com , www.google.be/language_tools ». Il parait que ça va mais je ne l’ai personnellement pas encore utilisé.

Mais je me sens quand même obligé (dans quoi vais-je me lancer !) de vous traduire l’article de Mia Doornaerts. Vous aurez donc ainsi une idée de ce que pense le Flamand moyen.
Voici donc la traduction :

Ras-le bol
Je suis une fédéraliste belge convaincue et j’adore Bruxelles où j’habite depuis longtemps. J’aime sa diversité, ses langues multiples, sa sphère internationale et son offre culturelle très riche. Les Flamands y sont beaucoup plus compris et servis dans leur langue qu’ils ne le croient.
Mais si quelqu’un me fera croire que ce royaume n’aura pas une durée illimitée, c’est bien Elio Di Rupo (PS).
Je suis sidérée par les déclarations de mr Di Rupo qui déclare qu’avec le PS, la formation du gouvernement n’aurait pas été un si grand problème et que l’on a démoli en 150 jours ce que l’on a mis 20 ans à construire.
Qu’avez-vous construit, mr Di Rupo ? Certainement pas le sens de l’Etat ou le civisme. Le PS se considère comme le pilier de la Belgique mais il se comporte comme un état dans l’état. Il est de notoriété publique qu’une partie des hauts fonctionnaires et des diplomates servent d’abord leur parti et ensuite l’Etat. Nombre de ministres et leurs collaborateurs, mr Di Rupo, et pas seulement Flamands, se sont irrités de la manière freinent des décisions importantes du gouvernement parce qu’ils couplent celles-ci à la nomination de membres du parti.
C’est un manque de respect pour la Belgique lorsque l’on nomme des politiciens de village aux postes clé, ceux qu’on appelle en France « ministères régaliens », comme la Défense. La façon dont Flahaut gère son budget et ses militaires, la diplomatie parallèle qu’il mène de son coté mine la Belgique et la met en difficultés avec les pays voisins et amis et ne f ait pas preuve de beaucoup de respect pour l’Etat. Dans un pays dont l’économie dépend en grande partie de l’exportation et par la même la visibilité de la Belgique, c’est particulièrement irresponsable.
Et qu’a donc construit votre parti en Wallonie alors qu’il est au pouvoir depuis une éternité ? Le chômage flirte toujours autours des 20%, 3 fois plus qu’en Flandre. Où est donc passé l’argent des subsides européens ?
Et j’en ai ras-le-bol des accusations francophones, qui ne viennent d’ailleurs pas uniquement du PS, au sujet du soi-disant impérialisme flamand. A ma connaissance, ce ne sont pas les Flamands qui discutent sans arrêt la frontière linguistique.
J’en ai marre que beaucoup des Francophones qui viennent s’installer en Flandre n’ont pas l’élémentaire respect d’apprendre un minimum de néerlandais. Prenez Dilbeek par exemple, où viennent encore s’installer des Francophones ; ça m’irrite de les voir, comme en terrain conquit, comment ils entrent dans les commerces et commencent directement en français sans même l’élémentaire politesse de demander « Spreekt u Frans ?». Et avant qu’on s’en soit rendu compte, il y a une “ minorité francophone“ qui exige des facilités et puis le rattachement à Bruxelles.
Et ceux qui tiennent les Flamands pour des impérialistes ou des fascistes parce qu’ils demandent le respect de la frontière linguistique.
J’en ai aussi ras-le-bol des politiciens francophones, aussi de votre parti, qui prétendent que les Flamands de Bruxelles ont plus de droits que les Francophones de la périphérie. Comprenez-vous bien ce que vous racontez ?
La Belgique se compose de deux communautés principales et si elles ne peuvent pas être, toutes les deux, chez elles dans la capitale, on place une bombe sous le pays.
Je suis d’ailleurs la première à regretter qu’il n’y ait pas plus de Flamands qui viennent habiter à Bruxelles.
Je reconnais aussi qu’Armand De Decker, homme intelligent, charmant et parfait bilingue a été le meilleur ministre de la Défense que le pays ait jamais eu et il n’est peut-être pas très diplomate quand il dit que le problème actuel vient du CD&V-NVA mais il a raison.
Le CD&V fait preuve d’une ambigüité inacceptable en se mettant en cartel avec un parti qui veut que la Belgique crève et en plus, il se laisse mener par le petit NVA.
Mais, mr Di Rupo, votre parti est aussi plus une part du problème que sa solution. Ce sera comme cela tant qu’il n’aura pas le sens de l’Etat et ne tendra pas la main aux 88% de Flamands qui ne veulent pas que la Belgique crève mais demandent que l’on respecte leur langue et les frontières de leur région linguistique.
M.D.
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MessageSujet: Merci pour la trduction.   Ven 30 Nov - 18:50

Un préalable d'abord. Je ne suis ni membre, ni sympathisant du PS. Loin de là. Je ne veux rien avoir à faire avec des partis de droite surtout ceux qui veulent faire croire qu'ils sont de gauche.
Mais je constate une contradiction dans le texte que vous avez eu la gentillesse de traduire. Comme la volonté affichée, proclamée, hurlée même par Mr Reynders de renvoyer le PS dans l'opposition, il y a longtemps que le problème devrait être réglé. Plus de chantage possible, donc plus de frein à des décisions que la droite dure veut mettre en oeuvre. Or c'est loin d'être le cas.
Comme politiciens de village, nous ne sommes hélas pas les seuls à souffrir de cette tare. Quels homme politique flamand peut-il prétendre au titre d'homme d'Etat ? Leterme ? De Wever ? Verhofstadt ? Van de Lanotte ? De Winter? De Haene ? Van Rompuy ?
Voilà un des défauts qui manque à la Belgique: de vrais hommes d'Etat comme le furent des de Gaulle, Adenauer, Churchill, Mendès-France,...
Mais comment pourrait-il en être autrement ? Dans ce pays minuscule, au clientélisme ahurissant, avec un système électoral qui permet toutes les magouilles possibles, avec une tuyauterie communautaire d'une complexité sans pareille ? Il ne peut sortir de ce sac de nœuds, pour ne pas dire de vipères, que des politicards de bas étage.
Les vrais hommes d'Etat ont, au moins, une vision de ce que devrait être leur pays et mettent en oeuvre les moyens pour y parvenir. Que l'on soit d'accord ou non est un autre problème.
Quelle vision ont nos hommes politiques ? Leurs intérêts ! Celui de Di Rupo était de devenir 1er Ministre en se posant comme le sauveur de la Belgique, comme si cela dépendait de lui ! Celui de Reynders est de devenir l'homme fort du gouvernement et de la Wallonie. Celui de Leterme et de ses alliés de la NVA, c'est de ne pas perdre les élections de 2009. Mais eux, au moins, ont une vision: une Flandre riche et la plus indépendante possible. Ce ne sont pas des hommes d'Etat mais des hommes de Région.
Le PS est un Etat dans l'Etat en Wallonie, c'est vrai. Et c'est lamentable. Mais je me demande comment le PS pourrait être un Etat dans l'Etat fédéral alors qu'il n'existe plus qu'en Wallonie. Avec l'aide du SPa, allons donc. A qui faire croire cela ?
Par contre, avant 1999, il était courant de parler de l'Etat CVP et, eux, avec l'aide du "petit frère" wallon: le PSC.
S'il existe bien des responsables de la situation wallonne, c'est du côté des cathos qu'il faut les chercher ! Ils ont été au pouvoir sans discontinuer de 1945 à 1999, c'est-à-dire pendant 50 ans ! Voir le texte de Joseph Henrotte. Si dès 1970, on avait transformé la Belgique en un vrai Etat fédéral, nous n'en serions pas là. Mais non, les cathos ont freiné des 4 fers pour conserver une Belgique unitaire. D'où les imbroglios actuels et la complexité ahurissante de notre système, construit comme un jeu de Lego par un enfant autiste, qui est en train de regarder la télévision et qui est de mauvaise humeur.
Que le Flamand moyen ne soit pas séparatiste, je le crois aisément. Mais alors pourquoi a-t-il voté massivement pour des partis qui ont basé leur campagne sur plus d'autonomie ? Ce qu'il ne comprend pas, en votant massivement, pour des partis autonomistes voire carrément séparatistes, c'est que derrière cette autonomie de façade, se cache, de plus en plus difficilement, la volonté d'obtenir l'indépendance de la Flandre. 88% des Flamands ne sont pas séparatistes dit l'auteur de l'article. Je me demande où il a été chercher ces chiffres ? Dans "Le Soir" ? "La Libre" ? Parce que si c'était vrai, ils pouvaient voter pour Groen, l'Open VLD ou le SPa (ces deux derniers se croient, d’ailleurs, maintenant obligés de se radicaliser).
Qu'attendent-ils ?
A mon avis, trois choses
Primo, d'avoir pressé la Belgique jusqu'à sa dernière goutte.
Secundo, d'être sûrs qu'une majorité de Flamands vont les suivre. Et ça, ils n'en sont pas certains ! C’est vrai. Mais depuis quand, le peuple a-t-il le droit à la parole. A-t-on demandé votre avis pour la Constitution européenne ? Pour les Traités de Maastricht ou de Nice ? Et quand c’est le cas, comme en France ou aux Pays-Bas, ils finissent quand même par passer outre.
Tertio, surtout, être certains que Bruxelles sera flamande.
Une autre hypothèse. Exiger, la séparation de la Sécu, c'est asphyxier la Wallonie. Les chiffres du Bureau du Plan sont clairs. Sans les 10 à 12 milliards annuels qu'allouent la Flandre à la Wallonie, c'est une perte de 20 à 30% de revenus que vont subir les allocataires sociaux et une montée foudroyante de la fiscalité. Bref, la Wallonie aurait droit soit à des émeutes, soit demander le rattachement à la France. Les Flamands auraient beau jeu de dire: "Vous voyez, ce n'est pas nous qui avons fait sauter la Belgique, mais les francophones".
Ceci étant, je ne comprend pas, l'histoire le prouve, l'attachement des Wallons à un pays qui ne les a jamais aimés ! Les Flamands ont toujours été majoritaires. Ils ont eu besoin des industries wallonnes pour survivre d'abord, pour se développer ensuite mais la rancœur contre les "fransquillons" avaient eu le temps de se développer. Alors qu'ils occupent le poste de 1er Ministre depuis 1974, sans discontinuer, rien à faire, le désir de vengeance pour les avanies passées est ancré.
On le voit bien dans les communes bien mal baptisées "à facilités". Qu'un francophone s'installe à Gand, Bruges, Anvers ou Hasselt et refuse d'apprendre le néerlandais est en effet inacceptable. Mais dans la périphérie de Bruxelles, c'est oublier un peu vite la loi de 1963. Bruxelles est une ville à majorité francophone en territoire flamand mais à la marche de la Wallonie. Ce n’est pas un ilôt perdu en plein milieu de la Campine. Et là, le problème devient inextricable: c'est le droit du sol que défendent les Flamands contre le droit du sang que défendent les Wallons. Deux visions irréconciliables que démontre la saga BHV, trou dans cette fameuse frontière linguistique. Mais n'oublions pas qui dit frontière, dit Etat souverain. Et c'est le droit des Flamands ! Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est inscrit est reconnu (du moins en théorie) par les Traités internationaux.
Il n'y a pas que chez nous que ce phénomène apparaît. Dans l'ex-Yougoslavie, ils se sont battus pour des évènements qui se sont passés, il y a des siècles.
C'est lamentable, mais humain.
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour quelle Belgique ???   Ven 30 Nov - 23:59

faut-il en rire ?

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MessageSujet: Re: Quel avenir pour quelle Belgique ???   Sam 1 Déc - 8:40

Doornaert,héhé,on s'en méfie.Ce n'est pas pour rien quelle à été bombardé Baronne par le vibreur national
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MessageSujet: l avenir de la belgique   Sam 1 Déc - 8:53

Je ne comprends pas ces politiciens qui foutent la merde. Nous les avons mis au gouvernement et ils doit travailler pour le bien du citoyen et non remettre les problèmes communautaires sur le plateau. Mais c'est ce qu'ils font. Je suis partis de Leval pour veir habiter à Comines-Warneton en flammand KOMEN-WAASTEN. Et oui une commune à facilité. Ma belle-mere est flammande et alors. Nous sommes belges avant tout. Quand on vois par ici, Ypres, Kortrijk et environs, il y a une très bonne entente entre flammands et wallons. Alors Messieurs les politiciens arretez svp. De plus, Yves Leterme est de cette région et oui, ses parents étient fermier dans les environs de comines et de surccroit en wallonie. Alors quand on voit ce pseudo flammingand je suis désolé, faut qu ils arretent tous la.
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MessageSujet: Origines   Ven 14 Nov - 13:57

Bon à savoir:

"Un nœud gordien belge qui remonte à 14-18"
CHRISTIAN LAPORTE
Mis en ligne le 11/11/2008 dans " LA LIBRE"
Laurence van Ypersele, historienne de l’Université de Louvain s’est notamment investie dans l’étude de l’évolution des perceptions de la Première Guerre mondiale dans l’entre-deux-guerres. Une période d’autant plus intéressante qu’elle a, selon elle, des conséquences dans les esprits les plus contemporains. Et notamment sur la crise communautaire récente. Une autre manière d’envisager aujourd’hui la guerre 14-18.
Rencontre.

Commémorer la Première Guerre mondiale et notamment le nonantième anniversaire de l'Armistice?

Oui et je suis très interpellée par le fait que contrairement à la Communauté flamande ni le niveau fédéral, ni la Communauté française, ne semblent vraiment se préoccuper du centenaire, dans six ans déjà, de l’éclatement de la grande Guerre. La Première Guerre appartient à notre passé et c’est même un moment fort de ce passé. Nous pourrions même profiter de l’occasion pour faire montre d’une certaine fierté.
En fait, la Belgique a vécu avant tout le monde une guerre totale d’occupation. Nous avons donc aussi droit à une petite place en terme d’Histoire mondiale. Sans parler de l’importance de connaître ses racines car comme le dit le proverbe, si tu ne sais pas où tu vas, sache au moins d’où tu viens... Enfin, se souvenir de la Première Guerre mondiale en Belgique nous permet de réfléchir en nuances sur les origines du véritable nœud gordien communautaire qui marque la vie politique depuis juin 2007...

Pourriez-vous nous expliciter cela?

La Première Guerre mondiale est vraiment la matrice de nos incompréhensions actuelles tout comme la Deuxième Guerre a aussi donné lieu à des visions très différentes qui continuent à peser sur les relations nord-sud actuelles.

Vous pensez notamment à la légende des soldats flamands qui, dans les tranchées, ont souffert et sont morts pour une cause qui n'était pas la leur?

Cette légende, comme vous dites, a démarré dès 1917 sous l’impulsion de l’activiste Raf Verhulst. A ce moment, ce mouvement plaidant pour une Flandre indépendante n’y était pas tellement apprécié. Mais la situation s’envenima lorsqu’on y ajouta un élément pourtant erroné de A à Z, que les soldats flamands avaient été commandés dans une langue qu’ils ne comprenaient pas. Quand on veut sauver sa peau, dix mots suffisent. Les soldats wallons qui parlaient eux aussi leurs dialectes n’auraient pas compris davantage ce que les officiers voulaient.
Des historiens flamands ont démonté la légende dans les années 1980 mais en 2008, un journal sérieux comme le "Standaard" la reprend encore et toujours. Quand vous vous penchez sur les statistiques des soldats morts pour la patrie, vous constaterez une légère surreprésentation des victimes flamandes de l’ordre de 9 pc. Mais la surreprésentation exacte serait plutôt de l’ordre de 3 voire 4 pc car nombre de soldats flamands étaient francophones.

Comment explique-t-on cela?

Il faut retourner aux débuts de l’invasion allemande. En 1914, pendant la guerre de mouvement, on continuait à recruter. La Flandre connaissait un certain retard: elle comptait moins de personnes éduquées et était aussi plus pauvre. Cette réalité sociale se répercuta dans l’armée: plus de francophones se retrouvaient dans la cavalerie et dans l’artillerie, là où les Flamands gonflaient les rangs des fantassins qui étaient aussi les plus exposés dans les combats. Mais ce mythe a, selon moi, une fonction symbolique qu’il faut essayer de comprendre même s’il est faux. Il y avait un fossé entre les soldats de la base et leurs chefs qui faisaient montre d’un paternalisme insupportable. Dan ses carnets, Jean Verhaegen, un grand bourgeois francophone, parle avec amour sinon adoration de ses hommes mais il y a comme une forme de mépris larvé.
Au fur et à mesure que la guerre avance, les Flamands se sont sentis de plus en plus humiliés comme Flamands, là où les soldats wallons réagissent en termes de différences de classes sociales. On était dans un univers où la mort était omniprésente. On n’avait droit à la parole que pour exprimer le deuil. Et les soldats flamands réagirent comme s’ils allaient tous mourir.

Qu'est ce qui vous fait jeter un lien entre la Grande Guerre et nos incompréhensions actuelles?

C’est le début de notre imbroglio actuel. Il faut partir du vécu du front et de celui de la Belgique occupée. Et de quelques données: il y a eu 40 000 victimes belges face aux 1 800 000 victimes allemandes et aux 1 400 000 victimes françaises. La Belgique occupée resta dans les esprits: elle était héroïque et martyre. C’était une image car chez nous aussi, il y eut un grand attentisme mais reste que le pays fut du camp victorieux qui au nom de la Patrie, au nom d’une cause sacrée s’est opposé aux Teutons, ces barbares abhorrés. C’est la Belgique du cardinal Mercier qui disait qu’il ne fallait pas admirer ceux qui n’ont que la force pour eux.

Le patriotisme n'était donc pas aussi évident?

La Belgique eut aussi sa zone grise. Il fallait bien vivre. Il y avait donc bien sûr des petits profiteurs de guerre. Comme ailleurs, tous ne restèrent pas purs. Des industriels ont continué à faire tourner les charbonnages mais l’occupant allait saisir une partie de la production. Chez les journalistes aussi, certains brisèrent leur plume mais d’autres reprirent le travail, se disant au service de l’information. Il y avait aussi des petits traîtres qui livrèrent des résistants. Et enfin, il y avait la trahison politique avec les activistes. Ils n’étaient pas nombreux, c’était une toute petite minorité flamingante qui se voulait apolitique et qui allait même refuser la main tendue de l’occupant. Je dirais que c’étaient plutôt des petites frappes comme le fameux Borms. Puis on a proposé de flamandiser l’université de Gand et la séparation administrative.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’il y avait aussi une hyper-minorité d’activistes wallons installés à Namur mais les Namurois ne le savaient pas! Les activistes flamands n’étaient pas aimés par la population, c’est un euphémisme. Ils allaient donc proclamer unilatéralement l’indépendance de la Flandre mais le firent trop tard. Et en novembre 1918, ils durent s’enfuir poursuivis par la Justice belge mais aussi par la vindicte populaire.

On est loin là de l'image d'Epinal d'une Belgique rangée derrière le Roi-Chevalier...

La sortie de la guerre, grosso modo, du mois d’octobre 18 au mois de janvier 19, sera une période floue de reconquête. Le 11 novembre, les autorités attendent à Gand plutôt que de rejoindre Bruxelles où jusqu’au 15, 16 novembre, on assista encore à des violences impressionnantes entre Allemands, entre les troupes ralliées à la révolution et celles restées fidèles au Kaiser. Et ce ne fut pas l’apaisement après le départ des Allemands car la population se livra à des pillages et des violences contre ceux qui à ses yeux avaient perdu la guerre.
Les plus visés ne furent pas les activistes mais les profiteurs et les femmes. Triste préfiguration de ce qui allait se répéter à la fin de la Seconde Guerre: des femmes furent rasées selon le rituel des charivaris de l’Ancien régime. Rasées, dénudées et affublées de casques à pointe, elles furent transportées sur des carrioles et exposées aux lazzis du public.

Mais la Justice prit vite le relais?


Surtout en 1919. Elle s’en prit d’abord aux profiteurs puis aux activistes. Les plus détestés furent ceux qui avaient livré des héros. Mais si on les a condamnés, on ne les a pas exécutés. Il y eut autant de Flamands que de francophones.Par contre, il n’y avait guère de pitié pour les espions qui avaient trahi comme le Liégeois Douart. Le jury demanda l’exécution, ce que l’on ne fit pas pour Borms. Il y eut des pétitions jusqu’en Flandre occidentale pour qu’on le prive de sa vie. Albert Ier y était gagné aussi mais le Parti ouvrier belge était contre la peine de mort.

L'image des activistes évolua aussi
?

A partir de 1921 et surtout après les accords de Locarno, l’aile la plus radicale du Mouvement flamand présenta les activistes comme des idéalistes sinon des prophètes! Pour eux, la méchante Belgique ne donnerait jamais rien à la Flandre. Et c’est ainsi que Borms fut idéalisé.
L'opinion va basculer à ce moment-là? Dans la presse, on lisait que la justice était lente mais ce n'était pas vraiment la réalité. Elle agissait et à partir de 1921, les interpellations pleuvent au Parlement pour défendre certaines petites frappes flamandes. Ce qui fit hurler les francophones de Flandre: on soupçonna les loyalistes d'agir comme les activistes. Ils se font traiter de flamboches parce qu'ils veulent une université flamande à Gand. Et on les amalgama avec l’université von Bissing... Cette fois, le Mouvement flamand se sentit visé dans son ensemble.

Dans les mentalités, il y eut des répercussions sur les héros de guerre? Ils ne furent quasiment plus honorés qu'en Belgique francophone. Qui sont ces héros? C'est le roi Albert, le cardinal Mercier, le bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max, mais aussi les héros de Liège et de Dixmude, les généraux Leman et Jacques. On les glorifia de manière traditionnelle contrairement aux héros civils qui devaient, eux, mourir pour avoir cette reconnaissance. Ceux-là ont fait leur devoir civique jusqu'au sacrifice suprême pour le bien commun. Mais le simple héros n'était reconnu que mort. Il avait diverses formes: le soldat, le passeur, l'agent de renseignement. Il est intéressant de voir comment ils furent mis en avant. Les récits ne disent guère ce qu'ils ont fait mais on évoque leur mort sur le modèle de la Passion du Christ. On évoque leur procès et leur exécution en passant par les souffrances morales et les doutes comme Jésus à Gethsémani. Et on évoque leur dernière lettre où ils se préparent à mourir "sous la grâce de Dieu et de la Patrie". Face au peloton d'exécution, ils refusent le bandeau et sont descendus aux cris de "Vive le Roi, vive la Belgique!". Gabrielle Petit fut un tel modèle à l'instar de Joseph Ferrant, de Philippe Baucq. Petit et Baucq eurent une aura nationale mais on institua aussi des cultes plus locaux à des héros comme Franz Merjay à Ixelles, Omer Lefèvre à La Louvière, Oscar Lelarge à Huy.

Cette héroïsation a précédé les grands hommages nationaux comme celui au Soldat Inconnu?

Dès 1919, les héros civils ont reçu quatre hommages nationaux; on les exhuma pour leur donner des funérailles solennelles. C’est Anvers qui ouvrit la série en mars puis en mai, Schaerbeek honora Gabrielle Petit et deux autres héros, suivie un mois plus tard de Bruxelles qui rendit hommage à Philippe Baucq. L’année d’hommages se termina en décembre par Liège.Des cérémonies assez impressionnantes avec trois jours d’exposition des cercueils et la présence du cardinal Mercier, des membres de la famille royale et du gouvernement.

La Flandre avait lancé ces hommages mais cet esprit disparut dès 1920...

Il n’y avait pas de grands héros flamands qui pouvaient se couler dans le moule. Dès lors va se développer un modèle où intervint la victimisation. Ils n’étaient plus des héros belges mais des héros universels. La fraternité prima sur l’attachement à la Nation. Un cas typique fut celui des frères Van Raemdonck morts en mission à Steenstraete. La légende flamande dirait qu’ils avaient été retrouvés dans les bras l’un de l’autre. Les Flamands purent sy retrouver: ils étaient morts fraternellement pour une cause dans laquelle ils ne pouvaient se reconnaître. En fait, Frans Van Raemdonck aurait été retrouvé dans les bras d’un soldat wallon, Amé Fiévez. L’affaire fit l’objet de plusieurs études d’anciens combattants qui voulaient expurger la vision flamande mais, en 1932, le comité du pèlerinage de l’Yser avait obtenu que leurs dépouilles quittent le cimetière de Westvleteren pour la Tour de Dixmude. Mais les corps des frères et celui du soldat wallon étaient entremêlés. Le Mouvement flamand allait refuser d’associer Amé Fievez à son hommage.

L'on honora donc différemment les victimes du nord et du sud du pays?

Du côté francophone, on continua à produire des récits de héros nationaux là où la Flandre pratiquait l’héroïsation au nom de valeurs universelles. Mais elle en oublia du coup certaines! Une authentique héroïne originaire de Roulers, Marthe Speeckaert, rédigea ainsi ses mémoires en anglais ("I was a Spy") avec une préface de Winston Churchill. Cette femme exceptionnelle qui avait eu les plus hautes distinctions britannique et française mais aussi la Croix de fer allemande (car comme infirmière elle avait aussi soigné l’ennemi) ne fut découverte en Flandre qu’en 2000! Son livre avait été traduit en français, en roumain, en italien mais ne connut de version néerlandaise que sous l’impulsion d’un chercheur contemporain!

Ces différences de perception ne firent que croître...

La référence à la patrie n’a pas été vécue de la même manière. Parce que les grands héros étaient francophones mais aussi en raison de la présence des forces sur le terrain. Les Flamands étaient ainsi moins représentés dans les réseaux de renseignements. La Première Guerre mondiale fut un cas intéressant dans la mesure où on a pu remettre les souffrances de chacun à leur place. En fait, l’on renforça les différences de manière parfois virulente. Et on en a remis une couche pour la Seconde Guerre mondiale. En rendant la légende vraie en affirmant qu’il y avait plus de collaborateurs. Et plus ici avec un "ange" comme von Bissing mais dans l’environnement d’un régime odieux. La répression n’arrangea rien. On prétendit que l’on avait été plus sévère avec les Flamands mais les chiffres montrent le contraire. Et l’image fausse de l’entre-Deux-Guerres se répercuta sur la Seconde Guerre. Très vite même: ce fut la réaction des soldats wallons qui durent rester prisonniers en Allemagne alors que leurs collègues flamands pouvaient rentrer. Le malentendu se renforça autour de la question de l’amnistie comme après le premier conflit mondial. Et on en arrive alors aux incompréhensions actuelles.
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Quel avenir pour quelle Belgique ???

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